Un Festival des Alternatives pour la Guyane

  • Année du projet 2018

Si les termes « éducation » et «nature» sont a priori entendus par tous, l’association de ces deux mots n’est pas toujours comprise ou reconnue, l’éducation à la nature étant souvent réduite à une pratique de loisirs et/ou à une activité « prosélytique » des gestionnaires de la nature. Pourquoi, au fond, aurait-on besoin d’être éduqué à la compréhension du monde qui nous entoure, puisque nous vivons dans ce monde, voire nous sommes ce monde ? Comment l’éducation à la nature peut-elle s’adresser à tous, certains supposant d’ailleurs qu’il s’agit d’abord d’un problème de riches ? Comment sensibiliser aux enjeux environnementaux quand le territoire présente des retards structurels importants et de première nécessité ? Comment sensibiliser aux enjeux de la biodiversité, quand on sait que 20% des citoyens guyanais n’ont pas accès à l’eau potable ou à l’énergie dans les foyers ? Comment rendre ludique et convivial la biodiversité lorsqu’elle est plutôt perçue comme entravant le développement du territoire ? En quoi les gestes individuels quotidiens ont un impact sur le vivre ensemble, les générations futures et la transition écologique ?

 

Dans l’optique d’accompagner ce changement de regard sur la biodiversité, le « festival des possibles » souhaite regrouper et valoriser une multitude d’initiatives guyanaises qui permettent de promouvoir la transformation profonde de la société guyanaise en tenant compte du social, de l’écologie et de l’économie ainsi que de sensibiliser à des modes de vie respectueux de la nature tout en favorisant l’épanouissement de chacun. Un des objectifs est également de réunir deux jours la population guyanaise autour de ces enjeux, dans un esprit de convivialité et de plaisir, tout en s’amusant, éléments indispensables pour un succès de ce temps fort.

Ainsi, ce festival s’articule autour de trois grands piliers, que sont ceux du développement durable :

LE SOCIAL : l’éducation à la nature crée du lien entre tous, replace la solidarité au cœur des relations humaines. Par le choix de modes de vie plus sains, basés sur la création de passerelles entre les savoirs scientifiques et culturels, favorisant les échanges et les connaissances des populations et valorisant la biodiversité guyanaise et ses utilisations culturelles, elle agit sur le vivre ensemble. Elle est facteur de participation citoyenne.

L’ECOLOGIE : l’éducation à la nature replace naturellement l’Homme comme faisant partie de la biodiversité. Elle apporte les connaissances primordiales de l’écologie et favorise la préservation des espèces. Elle contribue à faire découvrir et préserver la beauté de la nature, source d’émerveillement pour les humains.

 

L’ECONOMIE : l’éducation à la nature permet de favoriser des modes de vie qui évitent les gaspillages, les surproductions, la surconsommation, les délocalisations, les pollutions, la production de déchets, etc. Elle se fait la promotion des productions et consommation locales dans de nombreux domaines (alimentation, artisanat, construction, etc). Elle favorise une économie locale, sociale et solidaire maîtrisant les effets négatifs des productions exogènes.

 

En Guyane, les acteurs de l’éducation à la nature, mobilisés en réseau au sein du GRAINE depuis bientôt 20 ans, en sont persuadés : l’éducation à la nature est étroitement liée à l’éducation populaire et citoyenne, elle s’inscrit pleinement dans le développement local et durable des territoires.

Ainsi, ils ont choisi de se mobiliser en comité d’organisation avec d’autres structures du social, de l’éducation populaire, du tourisme, de l’agriculture, de l’économie sociale et solidaire, des individuels, etc. pour proposer pour la première fois en Guyane deux jours de rencontres, les 19 et 20 octobre au Jardin botanique de Cayenne : le Festival des Possibles.

Il s’agit d’un moment important de la dynamique du réseau élargi : montrer d’autres champs du possible en Guyane. Ainsi, plusieurs temps de travail collectifs sont prévus à partir du mois de mai  pour élaborer un programme, identifier des personnes ressources, penser les temps d’animation.

Plusieurs pôles viendront structurer le lieu :

Climat, Biosphère & Géosphère : préservation de la biodiversité, réduction de notre empreinte environnementale (carbone), gestion des ressources naturelles

Énergies : réduction des consommations, efficacité et sobriété énergétiques, énergies renouvelable

Participation citoyenne : démocratie, gouvernance, transparence, engagement, liberté

Santé & Bien être : accès aux soins, philosophie de vie, connaissance de soi

Agriculture & Alimentation : urbaine, agriculture familiale, industrie, bio, permaculture, nouveaux circuits de distributions

Modes de vie  :  habitat, déchets, bonnes pratiques du quotidien, consommation des ménages, mobilité, transport, voyages, empreinte environnementale

Innovation & Savoir-faire : échange de compétences, pouvoir d’agir

Vivre ensemble : multi-culturalité, mise en lumière de nos dissonances, oecuménisme, inter-générationnel, handicap, sexualité, langage, mouvements de population / migrations, social, éducation à la solidarité internationale, questions de développement, éducation à la citoyenneté mondiale, éducation à la nature, égalité homme-femme

Economie & Finance : économie coopérative, économie sociale et solidaire, économie circulaire, finance participative, finance éthique

Emploi :  coopératives, nouvelles formes d’emploi, insertion professionnelle

Chaque pôle pourra ainsi proposer des animations, des ateliers de transmission (artisanat, plantes médicinales, etc.), d’échanges de pratiques (éducation, culinaire, etc.),, des ateliers de construction (de ruches, de four solaire, etc.), des conférences, des espaces de rencontres et d’échanges de pratiques, des expositions, afin de mixer les regards et les approches sur les différentes thématiques et montrer la richesse de l’innovation et de la création de tous ces acteurs et pour mettre à l’honneur les initiatives guyanaises en faveur de la biodiversité.

Ce festival gratuit est à destination de tous et toutes, petits et grands. Cependant, des espaces distincts seront aussi prévus fonction des publics.

Ainsi, un espace, dédié aux professionnels, élus, techniciens, scientifiques des domaines de la biodiversité, de l’éducation, de l’agriculture, de la santé, de l’artisanat, etc. sera animé le vendredi 19 octobre autour d’ateliers de travail, de conférences, de débats organisées pour réfléchir ensemble sur l’engagement à la transition écologique en Guyane.

En parallèle, le festival accueillera sur site les établissements scolaires, les maisons de quartiers, les Accueils collectifs de mineur pour bénéficier des animations, ateliers et sorties de terrain organisés par les structures participantes au festival.

Enfin, le festival sera  ouvert au grand public tout au long de ses 2 jours avec une scène culturelle mettant à l’honneur les artistes guyanais, tout type d’art confondu : danse, musique, slam, défilés de mode écologique, etc., permettant de mixer les publics et toucher les personnes, plus éloignées des problématiques environnementales.